Création Contemporaine vous emmène à la rencontre du designer italien Gio Ponti (1891-1979) et de trois objets emblématiques de son travail : la suspension 0024, la chaise Superleggera et la lampe de table Fato.

Dans les années 50, le design italien connaît un renouveau qui place le pays sur le devant de la scène internationale. L’heure est au modernisme d’après-guerre et à l’essor du design industriel. Parmi ceux qui impulsent cet élan, un nom ressort particulièrement : celui de Gio Ponti.

À la croisée des disciplines

Gio Ponti fait partie de ces créateurs au génie sans borne. On retient beaucoup ses réalisations en tant qu’architecte et designer, mais son travail prit aussi d’autres formes comme l’écriture et l’enseignement. Depuis son propre diplôme obtenu à l’École polytechnique de Milan en 1921 jusqu’à sa mort en 1979, Ponti exerça une influence profonde à la croisée des arts, de l’artisanat et de l’industrie.

En 1928, il fonda la revue Domus, référence en matière d’architecture et de design (toujours éditée à l’heure actuelle). Dès les années 30, il compta parmi les figures majeures de la Triennale de Milan, une manifestation culturelle incontournable qui a repris en 2016 après vingt ans d’interruption. Sans oublier le prestigieux prix de design « Compasso d’Oro », dont il fut à l’origine en 1954.

Trois créations design de Gio Ponti

Dans le domaine du design, Gio Ponti marque les esprits dès 1923 en tant que directeur artistique de la manufacture Richard Ginori, dont il renouvelle la production de céramiques.

En 1931, il prend la direction artistique de l’entreprise Luigi Fontana, qui se développe dans la fabrication de meubles et d’objets design haut de gamme. Son travail conduit à la naissance d’une division artistique à part entière, FontanaArte.

Suspension 0024 de Gio Ponti, editée chez FontanaArte

Suspension 0024 de Gio Ponti, editée chez FontanaArte

Pour FontanaArte, Ponti dessine en 1932 la suspension 0024, déclinée également sous forme de lampadaire. La suspension se présente comme une sphère composée de disques horizontaux en verre trempé transparent. L’éclairage provient d’un cylindre lumineux placé au centre. Objet à la présence forte mais subtilement ouvert sur ce qui l’entoure, la lampe 0024 est aussi moderne aujourd’hui qu’à sa sortie.

Chaises Superleggera de Gio Ponti, editées chez Cassina

Chaises Superleggera de Gio Ponti, editées chez Cassina

Au début des années 50, c’est avec l’éditeur Cesare Cassina que Ponti commence à collaborer. Leur objectif est de créer une chaise économique, résistante et légère compatible avec la production en série – tout en restant dans la lignée du mobilier rustique italien. Ils aboutissent en 1957 au modèle 699 Superleggera. Sa structure en frêne se distingue par des pieds fins à section triangulaire, pour un poids total de seulement 1,7 kg !

À l’occasion des 90 ans de l’entreprise, Cassina a présenté la chaise Superleggera 699 dans une nouvelle version laquée rouge.

Dans les années 50 également, Gio Ponti reçoit une commande privée pour la construction d’une résidence sur les hauteurs de Caracas, au Venezuela : la Villa Planchart. La demande ne concerne pas seulement l’architecture de la maison, mais aussi son aménagement. Mobilier, luminaires, textiles, vaisselle… L’ensemble devient une œuvre d’art totale que Gio Ponti considère comme l’aboutissement de son travail.

Lampe Fato dessinée par Gio Ponti pour Artemide

Lampe Fato dessinée par Gio Ponti pour Artemide

La lampe de table Fato, qui sort en 1969 chez Artemide, est une déclinaison des appliques conçues pour la Villa Planchart. Plusieurs écrans métalliques logés dans un cadre carré composent un jeu de pleins et de vides. Lorsque la lampe est allumée, cet agencement géométrique forme une véritable sculpture lumineuse.

Les meubles et objets dessinés par Gio Ponti pour FontanaArte, Cassina et Artemide sont à Lyon chez Création Contemporaine.