Les 100 ans de Florence Knoll

Ce mois de mai, Florence Knoll fête ses 100 ans. Pour tous les créateurs, fabricants et amateurs de mobilier design, cet anniversaire exceptionnel est l’occasion de se remémorer l’immense portée de son travail.

Aux origines de l’architecture d’intérieur

Florence Schust (de son nom de jeune fille) entra chez Knoll au début des années 40 en tant que décoratrice d’intérieur. Elle n’était pas encore mariée à Hans Knoll, le fondateur de la société, mais tous deux partageaient le même enthousiasme pour l’ameublement moderne. À partir de 1946 (année de leur mariage), l’aménagement d’intérieur disposa chez Knoll de son propre département : la Planning Unit (PU). Florence Knoll en prit la direction.

Avec ses collaborateurs de la PU, Florence Knoll posa les bases d’une discipline nouvelle : l’architecture d’intérieure, appliquée aux espaces de travail. Elle puisa pour cela dans l’excellente formation qu’elle avait reçue en architecture et en design, notamment à la Cranbrook Academy of Art, puis auprès de l’architecte Ludwig Mies van der Rohe, grande figure du Bauhaus. Mais surtout, elle pouvait déjà compter sur une vision claire des besoins de son temps, un sens inné de l’élégance et un très haut niveau d’exigence.

Traduire le sentiment d’espace

Florence Knoll fit très tôt collaborer architectes et designers. Pour elle, l’agencement de l’espace, le design, les textiles et même le graphisme devaient former un tout cohérent, fonctionnel et harmonieux. Afin de transmettre cette vision d’ensemble à ses clients, elle prit l’habitude de faire ce qu’elle appelait des « paste-up » : plutôt que de leur proposer un simple plan, elle collait dessus des échantillons des matières retenues (tissus, bois…). Même à un stade préliminaire du projet, ces maquettes de son invention parvenaient à matérialiser l’espace en devenir.

Un monde moderne à inventer

L’objectif de la PU étant de s’adapter à chaque client (dont CBS, General Motors, IBM…), il fallait en permanence créer de nouvelles pièces de mobilier. Florence Knoll en dessina un grand nombre, qui se distinguent encore aujourd’hui par leurs proportions remarquables et leur élégante sobriété. Mais elle sollicita aussi des designers aussi talentueux qu’Eero Saarinen et Harry Bertoia, favorisant la création de meubles emblématiques du design moderne comme la chaise Tulip pour le premier, et la chaise Diamond pour le second.

Après le décès brutal de Hans Knoll en 1951, Florence Knoll reprit les rênes de la société. Elle occupa différents postes clés jusqu’en 1965, année où elle se retira. Elle avait contribué à faire de Knoll une référence incontournable dans le design américain d’après-guerre. Depuis, la maison poursuit son développement en restant fidèle aux valeurs qu’elle a insufflées.

2017 : des rééditions pour célébrer un anniversaire hors du commun

Pour célébrer les 100 ans de cette femme visionnaire, Knoll réédite plusieurs des meubles qu’elle a signés. Parmi ceux-là : le fauteuil et le canapé Lounge, qui sont proposés avec de nouveaux coussins procurant un supplément de confort ; mais aussi une série de tables à manger et une petite table de travail épurée baptisée « Mini Desk », tirée des archives précieusement conservées par la marque. Enfin, Knoll donne une nouvelle vie au tabouret Hairpin, qui était très apprécié pour ses pieds « en épingle à cheveux ». D’esprit Bauhaus, Hairpin est désormais proposé comme table d’appoint empilable.

Les produits Knoll sont à Lyon chez Création Contemporaine.

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